Atelier Z 62 av. de la grande armée - Paris 

 

 

 

 

 

 

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Ismaïl Konaté - artiste de mars 2012
une peinture puissante et magnifique envahie d'éléphants....

 

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Son processus de création...

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Interview d'Ismaïl Konaté par Christiane Peugeot 

Qui es-tu, Ismail ?
Ismaïl : Une personne en lutte contre le déterminisme.

Tu crois au déterminisme ?
J’ai été contraint d’y croire ! Il s’imposait.

A t’entendre, on a l’impression de s’adresser à un philosophe. Quelle est ta formation ?
J’ai fait un BTS de transport et de logistique.
 
Ce chemin, l’avais-tu choisi ?
En arrivant au bout, je me suis posé la question !

Ismail, quel est ton premier souvenir ?
Des cirques… durant toute mon enfance… J’allais aider à monter et démonter mais je n’avais pas le droit d’assister au spectacle. Si de l’extérieur j’entendais la musique, l’aboutissement des efforts ne m’appartenait jamais. Dans ma famille, il y avait une route à faire pour avoir le droit d’exister. En fait, je suis toujours prêt à payer pour avoir une place. Cette attitude génère deux conséquences : dans un premier temps elle détruit, dans un second elle donne de l’énergie
.
Si je comprends, toute ta vie aura représenté un combat pour oser être ! Ismail, as-tu peur de la mort ?
Non, je sais qu’il y a quelque chose, encore ma lutte contre le déterminisme ! Où que tu soies, tu reconstruis.

Ismail, ta peinture puissante et magnifique est envahie d’éléphants. Pourquoi ?
C’est un animal très attentif, doué d’une bonne mémoire à cause de l’affectif.

Vois-tu des points communs avec toi ?
Oui. Je suis un fainéant mais toujours en mouvement pour les autres, comme les éléphants qui nourrissent la terre avec leurs excréments et creusent des nouveaux points d’eau à cause de leur poids. Tout ceci simplement en existant. Avec la peur de l’abandon s’ils s’éloignent du groupe.

Tu as besoin du groupe ?
Si tu sais construire ta maison, tu n’as plus peur d’être sans domicile. Sinon sortir du groupe, c’est la mort… quitter sa famille, c’est tout perdre.

Dans cette optique, que représente Christian Sabas pour toi ?
Avec lui, nous figurons une réunion d’individualités, de très fortes personnalités. Le travail crée des passerelles. J’ai une route à faire avec Julien et Christian. Mais sans les passerelles, on ne se croiserait jamais. Cependant, chacun a sa route, sa manière de survivre.

Pourquoi as-tu choisi la peinture ?
Grâce à ma rencontre avec Christian. Dans ma famille, c’était quelque chose d’interdit, de mal.

Pourquoi ?
Parce que les représentations ont quelque chose à voir avec le diable. A travers mon besoin de créer, je me suis senti maudit. Christian m’a permis d’être davantage moi.
A dix-sept ans, j’ai osé dire mon amour du cirque, mais jusque là, je l’aimais en cachette. Le droit à la folie libère de toute pression, de toute obligation. Le fou peut penser différemment des autres. Pour cette raison, en entrant à l’hôpital de Maison Blanche, je me suis senti libre et très heureux. J’ai envie de préserver ce droit à la folie, comme c’est le cas au Non-Faire. Oui, sans Christian, je ne me serais pas donné le droit de peindre !

 

Remarque de Christiane :
Avant de continuer l’interview, je me permets une parenthèse pour dire combien Ismail, malgré sa sagesse, est resté enfant, pur et gamin… enfin presque !

Il continue : « Vivre sans angoisse est agréable, aussi je travaille tout le temps sur l’acquisition du savoir-faire pour combler mes besoins et m’apaiser. Quand j’arrive à une situation de besoins que je ne peux pas combler, je retourne à mes angoisses d’enfant : nœud dans le ventre permanent, angoisse de mort. La mort de l'autre est pour moi la mort du désir de l'autre. alors la vie se passe à créer des opportunités, des possibles... pour que le désir des autres vive encore. La perosnne qui désire... vivra !"
Il continue : « C’est le savoir-faire qui me sauve en me reliant à quelque chose. »
Il reprend : « Le fait que je sois devenu rebelle a aussi libéré mes parents. »
Et conclut : « J’étais résigné, cadré, à l’âge adulte je devais mourir en devenant ce qu’on avait décidé pour moi. Mais en entrant à l’hôpital, j’ai fait un grand tableau, avec un crâne qui s’ouvrait et un petit oisillon qui en sortait. Quand je travaillais au cirque, je ne regardais pas le spectacle, je continuais à rêver. »
Il hoche : « On ne s’élève qu’en agissant soi-même. » Sa mère disait l’avoir trouvé dans une poubelle, alors chez ses parents, il ne se sentait pas chez lui.

Je lui demande : « Ismail, que t’apporte la peinture ? »
Il répond : « Elle m’ôte le nœud. »
Et pensif : « Dans le cirque, je me nourrissais d’odeurs, de couleurs, de toutes les nationalités. Alors, sorti de là, j’avais l’impression de moins entendre, de moins sentir. »
 

Merci mille fois, Ismail, pour la légèreté et l’intense profondeur de tes propos.

 

Contact :

Ismaïl Konaté
Entrepreneur Culturel
73, bd Bessières - Esc 2
75017 Paris
Tél. 06 23 16 92 44
e-mail :
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