Atelier Z 62 av. de la grande armée - Paris 

 

 

 

 

 

 

Comment intéresser Imprimer

le grand public aux arts...
lettre adressée le 1er février 2010, par le Docteur Max Dana

Médecin Cancérologue, Président de l'association l'Oeil Neuf
à Madame Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

 

Un exemple, une action constructive, à lire...


Madame la Ministre,

 

Votre nomination probable à la tête de la Région Ile-de-France suscite des espoirs de renouveau dans le domaine culturel. Depuis plusieurs années, nous réfléchissons à la politique culturelle, en constatant le déclin de la France sur la scène artistique mondiale en ce qui concerne les arts plastiques.

Une première constatation est le manque de culture artistique dans la très grande majorité de la population. Un autre constat est la place prépondérante prise par l'art d'inspiration conceptuelle qui, bien qu'ayant produit un certain nombre d'oeuvres intéressantes, voire géniales, n'est pas compris de la majorité de la population et n'intéresse qu'une élite. Il n'est pas normal que les crédits publics soient dépensés pour le plaisir d'une minorité, laissant la majorité dans les ténèbres extérieurs. Plutôt qu'un nivellement par le bas, il serait autrement plus intéressant, pour les responsables, de relever le niveau général de la population en commençant dès l'âge scolaire, pour l'amener à comprendre et apprécier tout l'art moderne, jusque et y compris l'art contemporain. Par contre, continuer à vouloir imposer dans les établissements d'enseignement et dans le grand public, sans aucune préparation, des formes d'art conceptuel ne fait qu'entraîner une réaction de rejet et pérénniser la situation actuelle. En donnant dès l'école, une culture générale sur l'histoire de l'art du vingtième siècle, on suscite des vocations de futurs collectionneurs. Or, sans amateur d'art, il n'y a pas de marché et les artistes ne peuvent survivre, sauf en ayant recours aux aides de l'Etat.

Comment intéresser le grand public aux arts plastiques ?

Nous avons décidé de prendre le travail à la base en réalisant une exposition didactique. Cet outil de formation aux arts plastiques, maintenant parfaitement rodé, connait, partout où il a été présenté, un accueil enthousiaste à la fois des enseignants et des élèves depuis le cours élémentaire jusqu'aux collèges et lycées. L'exposition a pour support une trentaine de panneaux, chacun d'eux exposant un ou plusieurs mouvements des arts plastiques du vingtième siècle depuis l'impressionnisme jusqu'aux avant-gardes actuelles. Des visites guidées sont organisées, émaillées d'anecdotes donnant un caractère ludique à la visite. De plus, un Jeu-concours est organisé ajoutant un caractère interactif, les réponses devant être cherchées au niveau des panneaux de l'exposition. Depuis dix ans, cette expositon a tourné dans différentes communes autour du Vésinet, dans les Yvelines et aussi à Paris et d'autres départements limitrophes, les élèves des établissements d'enseignement venant la visiter, encadrés par leurs enseignants. Les élèves subjugués, en oublient de chahuter, et manifestent leur enthousiasme sur le livre d'or par des "super, top, cool" et autres commentaires imagés. Ils reviennent souvent avec leurs parents les samedis ou dimanches pour faire le jeu concours, les parents bénéficiant alors, eux aussi, de visites commentées. Pour les parents aussi, ce fut souvent une véritable découverte, comme en témoignent les remarques sur le livre d'or du type "Enfin ! j'ai compris quelque chose à l'art moderne".

Le deuxième volet de notre action est de détecter et d'essayer de promouvoir de bons artistes au milieu de la multitude de peintres du dimanche.

On peut rêver à une politique qui redonnerait à la France la primauté qu'elle a eue dans le passé et qu'elle garde encore dans d'autres domaines comme la mode et le luxe. Pour cela, il faudrait abandonner cette espèce de terrorisme intellectuel qui ne s'intéresse qu'à une seule forme d'expression artistique et promouvoir une exception culturelle à la française, disant le bon goût dans toutes les formes d'expresion des arts plastiques.

Pour réconcilier le grand public avec la création artistique, il faudrait créer des Centres Culturels Populaires, sorte de "Luna Park" de l'art, espaces ludiques où le grand public viendrait se divertir, où des artistes viendraient eux-mêmes montrer leurs oeuves comme à MAC 2000, où des galeries variées présenteraient en vitrine leurs meilleurs artistes, où une exposition didactique, du type de celle que nous avons réalisée, serait présentée en projection de films d'art, des forums avec conférences et débats, un café, des boutiques, un atelier d'encadrement, un atelier de restauration d'oeuvres d'art, etc. On rejoindrait ainsi la conception intiale de Georges Pompidou d'un espace vivant ouvert au grand public. Petit à petit, la foule prendrait l'habitude d'y aller en famille, comme on va faire du sport dans les stades, son niveau de culture s'élèverait, le marché artistique progresserait et la situation des artistes s'améliorerait.

Pour finir, permettez-moi de vous signaler la politique culturelle exmeplaire de la ville de Marly-le-Roi qui organise chaque année les trophées de la Jeune Création avec exposition et concours doté de prix. A cette occasion, elle nous invite à présenter une exposition de haut niveau des créateurs français (la prochaine en mai 2009 sur le thème "Collections Privées") et aussi notre exposition diactique.

Un autre exemple à signaler est le Centre Culturel que Madame Christiane Peugeot fait vivre sans subvention au 62, avenue de la Grande Armée, à Paris.

Enfin, l'Oeil Neuf a diffusé un Manifeste sur la Politique Culturelle (pj). Il serait temps que le public, amateurs et collectionneurs d'art, soit représenté dans les instances décisionnelles de la politique culturelle comme les maldaes dans les conseils d'administration des hôpitaux.

Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma considération distinguée.

 

Docteur Max Dana
Président de l'Oeil Neuf
Site : www.loeilneuf.org

 

 

 

 

 

 
 
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